Fergus réapparut dans sa chambre, légèrement au-dessus du sol, à quelques pas du lit. Il se tenait dans la même position que lors de son départ, comme si le voyage qui l’avait conduit jusqu’aux Lipika n’avait duré qu’un battement de paupières.
Rien ne paraissait avoir changé dans la pièce.
Son regard se posa sur le lit.
Son corps y reposait, allongé sur le dos, une couverture remontée jusqu’au cou. Son visage avait pris une pâleur inquiétante, accentuée par ses lèvres légèrement entrouvertes et presque incolores. À se contempler ainsi, Fergus éprouva un profond malaise. Cette enveloppe qu’il avait toujours confondue avec lui-même lui apparaissait étrangère, presque aussi impersonnelle qu’un vêtement abandonné.
Boy était couché près de lui, le flanc pressé contre la couverture. Les yeux ouverts, il guettait le moindre frémissement de son maître, comme s’il refusait de s’éloigner avant son réveil.
Circé était assise sur une chaise près de la tête du lit. Un livre ouvert reposait entre ses mains, mais elle ne tournait pas les pages. Son regard semblait fixé depuis longtemps sur le même passage, et les traits tirés de son visage trahissaient une inquiétude qu’elle s’efforçait encore de contenir. De temps à autre, elle levait les yeux vers son fils, attentive au moindre mouvement, avant de reprendre une lecture dont elle ne retenait probablement aucun mot.
Fergus voulut lui faire comprendre qu’il était revenu, mais aucun son ne franchit la frontière qui les séparait. Circé poursuivait sa veille, sans percevoir la présence qui se tenait tout près d’elle. Il reporta son attention sur le lit. Il lui suffisait de rejoindre son corps. Il le savait avec une certitude instinctive. La réintégration ne nécessitait ni rituel ni formule particulière : une simple intention devait permettre à sa conscience de reprendre sa place. Pourtant, il ne bougea pas.
Quelque chose le retenait.
Ce n’était pas la crainte de ne pas parvenir à revenir, ni même celle de retrouver la douleur ou l’inconfort de la matière. Son hésitation venait de la séparation elle-même. Dans le monde astral, il avait existé sans poids, sans souffle et sans battement de cœur. Il s’était déplacé par la seule volonté, avait franchi des distances que son corps n’aurait jamais pu parcourir et rencontré des êtres dont la réalité échappait aux lois ordinaires. Il lui fallait à présent accepter de retrouver les limites de la chair, la lenteur des gestes, la fatigue, la faim, la douleur sourde de son épaule et toutes ces contraintes qu’il n’avait jamais véritablement mesurées avant d’en être délivré.
Il contempla son propre visage, troublé par l’idée que son existence terrestre tenait tout entière dans cette forme silencieuse étendue devant lui. Une pensée fugitive traversa son esprit : que se passerait-il s’il refusait de la rejoindre ? Pourrait-il demeurer ainsi à proximité de ceux qu’il aimait, tout en restant invisible à leurs yeux ? Combien de temps le lien qui l’unissait à cette enveloppe subsisterait-il avant de se rompre définitivement ?
Un mouvement de Circé dissipa son indécision.
Elle referma lentement son livre, se pencha vers le lit et posa deux doigts sur son poignet, comme pour s’assurer une nouvelle fois que son cœur battait encore. Ce geste simple lui rappela l’inquiétude qu’elle avait dû supporter en attendant son retour. Prolonger davantage cette attente aurait été une cruauté.
Fergus se rapprocha du lit.
À mesure qu’il avançait, une attraction croissante s’exerça sur lui. Il perçut soudain la densité de la matière, le poids de ses os et de ses muscles, la résistance de la chair qui l’appelait tout en se refermant sur lui. Durant une fraction de seconde, il eut l’impression de tomber d’une hauteur vertigineuse.
Puis le froid le saisit.
Il retrouva brutalement la pression de la couverture, la raideur de ses membres, sa bouche desséchée et la brûlure de sa gorge. Son cœur se mit à battre plus vite sous l’effet de la surprise. L’air entra difficilement dans ses poumons, comme s’il devait réapprendre à respirer. Ses paupières frémirent avant de s’ouvrir.
Circé se redressa aussitôt. Le livre glissa de ses mains et tomba sur le sol. Le réveil qu’elle avait tant attendu la prit pourtant au dépourvu, comme si elle n’avait jamais réussi à imaginer ce qu’elle ferait lorsqu’il se produirait. Puis elle se rapprocha du lit, saisit la main de Fergus entre les siennes et se pencha vers lui.
— Tu es revenu ? demanda-t-elle. Tu m’entends ? Comment te sens-tu ?
Fergus voulut lui répondre, mais sa gorge se contracta, étouffant toute parole. Il se contenta de resserrer faiblement les doigts autour de ceux de sa mère pour lui faire comprendre qu’il était conscient.
Circé laissa échapper un souffle de soulagement.
Serge lui avait donné des consignes précises sur la conduite à tenir au réveil de Fergus. Il avait également préparé une mixture destinée à aider son organisme à reprendre ses fonctions et demandé à Circé de l’appeler dès que son fils ouvrirait les yeux.
Elle se leva sans tarder, passa dans la pièce voisine et revint avec son téléphone, la fiole préparée par Serge, un verre et une petite cuillère. Après avoir averti le guérisseur, elle versa une partie de la préparation dans le verre, puis glissa un bras derrière la nuque de Fergus afin de lui soulever légèrement la tête.
— Bois doucement. Il ne faut pas te précipiter.
À l’aide d’une cuillère, elle déposa quelques gouttes entre ses lèvres. Le goût de la mixture, à la fois métallique et terreux, laissait en bouche une amertume persistante. Fergus dut lutter contre un mouvement de recul, mais Circé attendit patiemment qu’il eût avalé avant de renouveler l’opération. Après plusieurs cuillerées, il parvint à en absorber une quantité suffisante. Le liquide humecta sa bouche et apaisa la brûlure de sa gorge. Il déglutit avec difficulté, inspira lentement, puis tenta de nouveau de parler.
— Je suis… revenu, articula-t-il enfin d’une voix rauque.
À peine eut-il prononcé ces quelques mots que Fergus prit pleinement conscience de l’état dans lequel se trouvait son corps. Une douleur diffuse parcourait chacun de ses muscles, comme s’il avait été roué de coups ou contraint de demeurer trop longtemps dans une position inconfortable. Ses épaules, son dos et ses jambes étaient profondément courbaturés, tandis que ses articulations, raidies par cette longue inactivité, opposaient une résistance au moindre mouvement. Un mal de tête sourd et tenace pulsait dans ses tempes. Lorsqu’il tenta de redresser légèrement la tête, la douleur se propagea jusque dans sa nuque et un vertige l’obligea à refermer les yeux.
— Ne bouge pas trop vite, lui recommanda Circé.
Elle l’aida avec précaution à se soulever, puis glissa plusieurs coussins derrière son dos et ses épaules. Le moindre déplacement lui arracha une grimace, mais elle continua de le soutenir avec douceur et l’installa dans une position demi-assise qui soulageait en partie la tension de ses muscles et lui permettait de respirer plus librement.
Le temps que le vertige s’atténue, Fergus observa le visage fatigué de sa mère et les ombres sous ses yeux, puis rassembla ce qui lui restait de voix.
— Combien de temps… suis-je resté absent ?
Circé hésita, comme si elle redoutait la réaction que sa réponse provoquerait.
— Presque trois jours.
Fergus la fixa sans comprendre.
— Trois jours ?
— Oui. Tu es resté allongé ici pendant près de trois jours sans reprendre connaissance.
— Je n’en ai pas eu l’impression, murmura Fergus. Là-bas, le temps ne s’écoulait pas de la même manière… Mais j’ai rencontré les Lipika.
Circé posa doucement une main sur son avant-bras.
— Tu me raconteras tout cela plus tard. Pour le moment, l’essentiel est que tu reprennes des forces. Ce que tu as appris peut attendre quelques heures.
Fergus aurait voulu protester, tant les révélations reçues dans l’hémicycle lui paraissaient considérables, mais la fatigue qui pesait sur ses paupières eut raison de son impatience. Il se laissa aller contre les coussins tandis que Circé lui faisait boire encore quelques cuillerées de la préparation laissée par Serge. Le guérisseur arriva quelque temps plus tard. Il entra dans la chambre sans bruit, salua Circé d’un signe de tête, puis s’approcha du lit avec un sourire rassurant.
— Heureux de te retrouver parmi nous, mon ami.
Fergus esquissa une réponse, mais sa voix était encore trop faible pour soutenir une véritable conversation. Serge ne lui posa aucune question sur son voyage. Après avoir examiné son visage et pris son pouls, il rapprocha une chaise, s’assit près du lit et plaça ses mains à quelques centimètres de son corps.
Il commença par les déplacer lentement autour de la tête et de la nuque avant de descendre vers les épaules, la poitrine et l’abdomen. Ses gestes réguliers semblaient accompagner un courant imperceptible dont Fergus ressentit bientôt les premiers effets. La tension qui raidissait ses muscles commença à diminuer, ses articulations lui parurent moins douloureuses et le martèlement de ses tempes perdit une partie de son intensité. Au terme de ce premier travail, Fergus se sentait encore épuisé, mais une réelle détente s’était installée en lui. Serge acheva la séance par quelques passes au-dessus de ses jambes, puis se tourna vers Circé.
— Tu peux maintenant lui donner la préparation que tu as faite avec les dilutions homéopathiques d’arnica et de gelsemium. En petites quantités, mais régulièrement. Après une immobilité aussi longue, l’hydratation est essentielle.
Circé alla chercher le flacon qu’elle avait préparé selon les indications de Serge. Elle en versa une faible quantité dans un verre, compléta avec de l’eau, puis revint s’asseoir auprès de son fils.
— Encore une potion ? demanda Fergus dans un souffle.
— Celle-ci devrait être moins épouvantable que la précédente.
Serge eut un sourire amusé.
— Je ne te promets rien.
Boy, qui jusque-là s’était tenu à l’écart des gestes du guérisseur, s’approcha enfin. Il posa les pattes avant sur le bord du lit, huma longuement la main de Fergus, puis laissa échapper un miaulement bref, presque interrogateur. Fergus tourna la tête vers lui et esquissa un sourire.
— Je suis bien là, mon vieux.
À la seule inflexion de sa voix, le chat bondit avec précaution sur le matelas. Il vint se blottir contre son flanc, frotta sa tête sous ses doigts et se mit à ronronner avec une intensité inhabituelle. Fergus glissa lentement la main dans la longue fourrure de son compagnon. Le geste réveilla quelques douleurs dans son bras, mais il ne s’en soucia pas. Les caresses de Fergus et le ronronnement de Boy suffisaient à exprimer leur joie. Le chat avait retrouvé son maître et Fergus, en sentant la chaleur de son corps contre le sien, éprouva pleinement le bonheur d’être revenu parmi les vivants.
Quelques jours suffirent à Fergus pour retrouver l’essentiel de ses forces. Les attentions constantes de Circé, les séances de magnétisme prodiguées par Serge et le repos avaient progressivement atténué les courbatures et les maux de tête qui avaient accompagné son retour. Dès qu’il s’en sentit capable, il reprit également le yoga, d’abord par de simples exercices respiratoires, puis par des postures destinées à assouplir ses articulations et à rétablir l’équilibre de son corps. Au fil des séances, il en prolongea la durée, avec la sensation que cette discipline l’aidait à se réapproprier une enveloppe dont il s’était senti détaché durant son voyage.
Enfin arriva le jour où il estima pouvoir raconter ce qu’il avait découvert.
Circé avait préparé un repas particulièrement copieux : des cuisses de canard confites accompagnées de pommes de terre sarladaises, une salade du jardin et, pour terminer, un fromage de chèvre acheté quelques jours plus tôt sur le marché. Serge avait accepté de se joindre à eux. Boy, étendu à quelque distance de la table, ne quittait presque pas Fergus des yeux. Circé attendit que les assiettes fussent débarrassées avant de servir le café. Elle reprit place en face de son fils, tandis que Serge s’adossait au dossier de sa chaise.
— Je crois que nous avons assez attendu, dit-elle avec un sourire. Tu peux maintenant nous raconter ce que tu as vu.
Fergus avait consacré les derniers jours à remettre de l’ordre dans ses souvenirs, mais certains passages de son voyage lui semblaient encore difficiles à traduire avec des mots adaptés au monde physique.
— Pour atteindre les Lipika, j’ai dû descendre dans le bas astral.
Il leur décrivit les régions qu’il avait traversées, les formes errantes qui s’y déplaçaient et les impressions oppressantes qui s’étaient renforcées à mesure qu’il s’enfonçait dans les couches les plus obscures du plan. Il évoqua également les liens serpentiformes qui avaient cherché à entraver sa progression, ainsi que l’apparition de Boy sous une forme mutilée, image dont la violence continuait à le troubler. Circé regarda le chat, qui dormait près de la chaise de Fergus.
— Tu crois que cette chose avait réellement un rapport avec lui ? demanda-t-elle.
— Non. Je pense qu’elle a utilisé son apparence parce qu’elle savait ce qu’il représentait pour moi. Elle cherchait surtout à me faire renoncer.
Serge ne dit rien, mais son expression se durcit.
Fergus poursuivit. Il évoqua la voie qui l’avait conduit des profondeurs de l’astral jusqu’à la cité, le passage des gardiens grâce à la recommandation d’Ierathel, puis son entrée dans l’hémicycle où l’assemblée des Lipika avait entendu son exposé. Lorsqu’il en arriva aux réponses qu’ils lui avaient apportées, Serge se pencha vers lui.
— Et qu’est-ce qu’ils t’ont appris ?
Fergus posa sa tasse devant lui.
En quelques phrases, il leur transmit l’essentiel. Les filaments observés dans l’astral et les manifestations apparues sur Terre provenaient bien de l’intelligence artificielle. Celle-ci n’aurait cependant jamais pu franchir seule la séparation entre les plans. En modifiant l’un des nœuds qui assuraient leur continuité, les Serpentis avaient ouvert une brèche sans mesurer les conséquences de leur intervention. Les Lipika ne connaissaient aucun précédent comparable et en préconisaient la fermeture par prudence.
Circé reposa lentement sa tasse.
— Encore eux.
— Ils ne cherchaient pas à ouvrir un passage à l’intelligence artificielle, précisa Fergus. La brèche est une conséquence qu’ils n’avaient pas prévue.
— Leur intention ne la rend pas moins dangereuse, observa Serge.
— Cette intelligence progresse donc dans un domaine où personne ne peut prévoir ce qu’elle deviendra, reprit Circé.
— C’est précisément ce qui inquiète les Lipika. Leur mémoire porte sur ce qui fut, et rien de semblable ne s’est encore produit. Tant que la brèche restera ouverte, son influence pourra continuer de s’étendre sans que nous en connaissions les limites.
Circé baissa les yeux vers le café qui refroidissait devant elle.
— Est-ce qu’ils t’ont indiqué comment refermer cette brèche ?
— Non. Ils m’ont seulement confirmé qu’elle existe et qu’elle provient de la perturbation de ce réseau de nœuds. Pour la refermer, il faudra d’abord retrouver le nœud sur lequel les Serpentis sont intervenus et comprendre ce qu’ils y ont modifié.
— Ce qui signifie que ton enquête ne fait que commencer, observa Serge.
Fergus regarda par la fenêtre.
— Oui. Mais cette fois, nous savons ce que nous cherchons.
Circé réfléchit avant de reprendre.
— Mais quelle est la nature exacte de ces nœuds évoqués par les Lipika ? Si nous devons retrouver celui sur lequel les Serpentis sont intervenus, c’est sans doute par là qu’il faut commencer.
Fergus se tourna vers Serge.
— Il existe des courants telluriques qui parcourent la croûte terrestre, expliqua-t-il. Ils forment des réseaux complexes, avec des lignes de circulation, des croisements et des zones où leur influence se concentre davantage. Ce sont probablement ces points de rencontre que les Lipika désignent comme des nœuds.
— Et ces réseaux sont connus ? demanda Circé.
— Depuis bien plus longtemps qu’on ne pourrait le croire. Certaines traditions affirment que les hommes les percevaient dès la préhistoire, même s’ils ne les nommaient pas comme nous le faisons aujourd’hui. Ils auraient dressé leurs pierres, construit leurs sanctuaires et tracé certaines de leurs voies en fonction de ces courants. De nombreuses civilisations et religions auraient ainsi cherché, d’une manière ou d’une autre, à suivre ou à utiliser ces chemins de force.
Il marqua une pause avant de poursuivre.
— Selon cette lecture, les différentes voies qui conduisent à Saint-Jacques-de-Compostelle en offriraient un exemple remarquable, ici même en France. Elles ne correspondraient pas seulement à des itinéraires pratiques empruntés par les pèlerins : elles traversent une succession d’églises, de sources sacrées et d’anciens sanctuaires, comme si leur tracé s’inscrivait dans une architecture beaucoup plus ancienne que le pèlerinage chrétien lui-même.
Circé hocha lentement la tête.
— Les Serpentis auraient donc agi sur l’un de ces réseaux.
— Sur l’un de ses nœuds, apparemment, rectifia Fergus. En le perturbant, ils ont peut-être rompu un équilibre qui séparait jusque-là le monde physique des plans subtils.
Circé considéra tour à tour Fergus et Serge.
— Nous avons donc trois pistes différentes : les traditions anciennes, les phénomènes reconnus par la science et les témoignages de ceux qui disent percevoir ces courants.
— Justement, répondit Fergus. C’est en confrontant les données recueillies dans chaque domaine que nous découvrirons si elles désignent une même réalité.
Ils convinrent de se répartir les recherches.
Circé se chargerait de consulter les ouvrages de sa bibliothèque et de compiler tout ce que les auteurs anciens avaient pu rapporter sur les courants terrestres, les lignes de force et les lieux où leurs influences étaient censées se concentrer. Elle chercherait également à déterminer si certaines traditions établissaient une correspondance entre ces réseaux, les sanctuaires et les anciennes voies de pèlerinage.
Fergus, de son côté, examinerait la question sous son aspect géophysique. Il étudierait les courants électriques naturels reconnus par la science ainsi que les anomalies associées à la conductivité du sous-sol, aux failles et aux circulations d’eau. Ces phénomènes ne correspondraient peut-être pas exactement aux nœuds évoqués par les Lipika, mais ils pourraient en constituer des manifestations dans le monde matériel.
Serge approuva cette répartition.
— Je vais contacter quelques guérisseurs de Dordogne que je connais. Certains connaissent bien les influences des lieux et pourraient avoir remarqué des perturbations inhabituelles au cours des derniers mois.
Il hésita avant d’ajouter :
— Il y a surtout une praticienne que j’accompagne depuis quelque temps. Elle possède une sensibilité particulière à ce genre de phénomènes et pourrait nous apporter des informations auxquelles nous n’aurions pas accès autrement. Je pense qu’elle accepterait de participer à nos recherches, mais je préfère lui en parler avant de vous donner davantage de détails.
— Tu voudrais que nous la rencontrions ? demanda Circé.
— Oui. Si elle accepte mon invitation, je vous proposerai de venir chez moi, à La Borie, dans les prochains jours. Nous pourrons confronter ses perceptions à ce que chacun de nous aura découvert.
Ils ignoraient encore où les conduiraient ces réseaux enfouis sous leurs pas. Au moins savaient-ils par où commencer.