Page rédigée par Asteria
Éliphas Lévi (1810–1875) : Le Magicien du Verbe et de la Synthèse
Nom civil : Alphonse Louis Constant
Nom initiatique : Éliphas Lévi Zahed
forme hébraïsée de son nom, choisie pour affirmer son rattachement aux traditions ésotériques sémitiques.
Professions : ancien séminariste, écrivain, érudit, mage.
Spécialités : Kabbale, magie cérémonielle, hermétisme, symbolisme.
Né à Paris dans une famille modeste, Constant est formé dans des écoles catholiques. Il entre au séminaire mais n’est jamais ordonné prêtre. Frappé d’un tempérament mystique et d’un esprit rebelle, il quitte l’Église pour se consacrer à l’étude des doctrines ésotériques.
À partir de 1854, il adopte le nom d’Éliphas Lévi et entame une œuvre qui va marquer toute la tradition ésotérique occidentale, de Papus à Crowley. Son style est puissant, prophétique, souvent hermétique. Il se considère comme un restaurateur de la haute magie, dont il veut réconcilier les traditions chrétienne, kabbalistique et hermétique.
Œuvres majeures
1. Dogme et rituel de la haute magie (1854–1856)
Son ouvrage le plus célèbre. Il y développe l’idée que toute magie repose sur une science des correspondances, sur la volonté du mage, et sur la puissance du symbole.
Idée phare : « La magie, c’est la science traditionnelle des secrets de la nature. »
Le livre est divisé en deux parties :
- Le Dogme : expose la théorie, les principes et la cosmologie de la magie.
- Le Rituel : fournit des exemples concrets, des formules, des figures symboliques.
L’ouvrage est illustré par le célèbre dessin du Baphomet, synthèse du bien et du mal, de l’homme et de la femme, du ciel et de la terre — un archétype de l’androgyne sacré, non pas diabolique, mais transcendant.
2. La Clef des grands mystères (1861)
Un développement de ses idées sur les arcanes kabbalistiques, les initiations, les quatre éléments, les lettres hébraïques. Lévi y affirme la supériorité de la foi éclairée sur la superstition.
3. Histoire de la magie (1860)
Une fresque érudite retraçant les grandes figures de la magie à travers les siècles : des mages chaldéens aux alchimistes médiévaux, en passant par les prophètes bibliques. Il y mêle histoire, mythologie et interprétation personnelle.
4. Le Grand Arcane (publié après sa mort)
Testament initiatique. Éliphas y tente de livrer la clé ultime de la magie. Très cryptique, le texte aborde la figure du Magus accompli, celui qui a conquis la maîtrise de soi et la connaissance des lois universelles. La correspondance entre microcosme et macrocosme, Le rôle du Tarot comme synthèse kabbalistique,
L’importance du bilan moral et de la pureté intérieure : la vraie magie exige vertu.
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